Jeudi 3 novembre 2011
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Peut-on rire du handicap ? Deux réalisateurs d'exception qui
comptent dans le paysage cinématographique français répondent par l'affirmative. Pertinence, justesse et espoir sont au rendez-vous de l'incontournable film français de cette fin
d'année...
A l'origine il y a une histoire vraie, celle de Philippe POZZO DI BORGO, devenu tétraplégique à la suite d'un accident de
parapente et d'Abdel SELLOU, jeune immigré qui passa près de dix ans à prendre soin de lui. Une leçon de vie touchante et salutaire qui a ému les réalisateurs Eric TOLEDANO et Olivier NAKACHE, en
2004, à la vision du documentaire A la vie, à la mort. Les deux metteurs en scène avaient trouvé là une opportunité de tourner leur cinéma
vers des accents plus dramatiques, tout en gardant la touche d'humour qui avait fait leur succès, du sympathique Je préfère qu'on reste amis au tordant Tellement
proches, en passant par le nostalgique Nos jours heureux. Phillippe est donc un riche
aristocrate qui a pour lui une sublime demeure, une fortune plus que confortable mais cette tétraplégie qui l'oblige à vivre au dépens des autres. Sa rencontre avec Driss va tout changer. Ces
deux handicapés de la vie, l'un social, l'autre physique, vont mutuellement se renvoyer à leurs parcours et à quel point ils peuvent influer sur celui de l'autre. L'amour épistolaire pour l'un,
l'environnement familial pour l'autre. La découverte des sens (y compris la musique !) et le savant dosage d'humour font de ce long-métrage une précieuse pépite, avec du coeur et de l'esprit. Ce
n'est bien sûr pas la première fois que le sujet de la paralysie est abordé sur grand écran : Mar Adentro
d'Alejandro AMENABAR, Le Scaphandre et le papillon
de Julian SCHNABEL ou My left foot de Jim SHERIDAN avaient auparavant abordé ce thème avec la même dextérité.
Si François CLUZET fait une nouvelle fois preuve de son talent trop souvent ignoré par le passé, c'est évidemment Omar SY qui
s'impose comme un acteur à part entière. Acteur fétiche présent dans la plupart des films de TOLEDANO et NAKACHE, il s'impose pour de bon. Pour les connaisseurs de la filmographie des
réalisateurs, la savoureuse Joséphine DE MEAUX fait une apparition, plus posée cette fois-ci.
Précédé d'un excellent buzz amplement justifié, lauréat de deux prix au Festival international du film de Tokyo, le
film a déjà été acheté par Harvey WENSTEIN pour la distribution nord-américaine. Car le film réussit un rare défi : parler avec humour du handicap. "Peut-on rire de tout ? Oui, mais
pas avec tout le monde." disait à juste titre Pierre DESPROGES. Ici, vous êtes invité à venir rire et vous émouvoir du destin de ces intouchables.
Par vincohen
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Dimanche 23 octobre 2011
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Nicolas WINDING REFN, voici l'homme à suivre du moment. Auteur de Bronson, la trilogie Pusher et Valhalla Rising, ce néerlandais de 41 ans est en train à lui seul de revitaliser de le cinéma, comme SCORSESE et COPPOLA avant lui. Palme d'Or en mai dernier, Drive, son nouveau bolide, déboule et fait mal. Dès le pré-générique : Los Angeles, une voiture, un braquage et un chauffeur. Il s'en sortira en s'immisçant dans la foule d'un stade. GENERIQUE. Mi-garagiste exploité, mi-cascadeur auto pour le cinéma, le peu loquace «Driver» est un professionnel qui a son propre code de conduite : pas de questions, pas d'attachement. Et pourtant, il va croiser le chemin d'une jeune mère en attente du retour de prison de son mari (Oscar ISAAC, vu dans Sucker Punch). La jeune femme est interprété par Carrey MULLIGAN, touchante, comme à son habitude.
Alors quand le mari dIrene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour sacquitter dune dette et que les affaires tournent mal (le sang va couler!), l'as du volant rentre dans une légitime quête de vengeance. Cure-dent en bouche, pied au plancher, Ryan GOSLING va tout miser. Tel est un bolide, le film a des chevaux sous le capot mais tarde à les faire sortir. Effusions de sang et réglements de comptes viennent réveiller nos sens. Le réalisateur prend soudain aux tripes avec une belle virtousité. Une scène résume le film : celle de l'ascenseur : un long baiser de cinéma et un acte de violence. Après Michael MANN et tous les cinéastes urbains, WINDING REFN promet une belle carrière, bankable qu'il est avec les majors à ses pieds.
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Vendredi 21 octobre 2011
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22:57
Avant l'arrivée du Technicolor, du cinémascope, du Dolby, et, à fortiori de la 3D : Michel HAZANAVICIUS (dont le frère Serge apparaît dans le film) nous plonge dans une époque révolue. A l'aide d'un procédé ancien, le format 1.33, le réalisateur des deux OSS 117 nous immisce au coeur de la déchéance d'un artiste, Jean DUJARDIN, impeccable, et d'une époque : le cinéma muet. Alors qu'aujourd'hui, les procédés techniques se multiplient pour nous séparer de l'information, le metteur en scène met à l'honneur, en quelques cartons, un moyen d'expression qui se suffit à lui-même, comme ce fut le cas durant l'âge d'or de ce style cinématographique jusqu'à sa disparition en 1927. Mais, même aujourd'hui, on en vient à se demander comment nous allons pouvoir regarder des films parlants. L'initiative (auquel s'est adjoint le producteur Thomas LANGMANN) est excellente.Simple, sobre, en un mot : sublime.
Une passion anime le réalisateur depuis ses débuts, que ce soit au temps de La classe américaine (melting-pot de films détournés avec les plus grandes stars d'Hollywood), ou des deux OSS 117 précités : faire revivre le septième art d'antan. Le métrage transpire clairement un amour du cinéma. Classe, simplicté, austérité (parfois) mais comme à la bonne époque, celle où l'image supplantait le son.
Deux reproches : Bérénice BEJO surjoue et la descente aux enfers de DUJARDIN se prolonge trop sur les 1h40 du métrage.
Mais revenons ensemble sur les acteurs du film, Jean DUJARDIN (Prix d'interprétation amplement mérité) et Bérénice BEJO (merveilleuse Peppy Miller) font le show. Cours de claquettes à la clé !
3 scènes retiennent l'attention :
- le rêve de George Valentin où le parlant vient annoncer sa carrière fléchissante
- la scène du chien (quel dressage : un personnage à part entière !) sauvant indirectement son maître des flammes
- la découverte des objets après la mise aux enchères chez Peppy MILLER, venu à son chevet
Évidemment, quelle autre manière que de terminer le film sur l'apparition du parlant : « Cut », et autes « rolling camera ». S'adjuger les services de la crème de l'actorat français, James CROMWELL et John GOODMAN c'est vraiment la classe américaine !
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Dimanche 6 février 2011
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15:48
Pour qui n'a jamais ouvert un livre de la célèbre saga littéraire de J.K. Rowling, comme moi, ce film va paraître long, très long... Pour autant, jamais film "Harry Potter" n'aura pris soin de développer ses personnages, notamment les trois principaux portagonisyes que sont Ron, Hermione et, bien sûr, Harry. Pour être honnête, le rédacteur de ces lignes n'a aimé qu'un seul film, Le prisonnier d'Azkaban, mis en scène par le génial Alfonso Cuaron (Les fils de l'homme).
Ceux qui en revanche ont lu les livres trouveront ici une adaptation, certes lente, mais fidèle comme jamais à l'oeuvre originale. Apparemment, peu de scènes sont occultées. Et pour cause, après maintes négociations, la Warner Bros. a décidé de scinder les films en deux parties pour cette septième et dernière (?) aventure. Le problème est que la scission entre les deux films intervient trop tôt dans le déroulement de cet acte final, alors que la véritable action semble démarrer.
Parmi les scènes les plus marquantes, on peut noter celle chez Xenophilius Lovegood, le père de Luna et, évidemment, la scène du conte animé, assurémment la meilleure scène de toute la saga jusqu'à présent... Ces passages prouvent une chose, après deux films à son acte, David Yates a enfin compris Harry et sû insufler à l'histoire un souffle sombre et adulte que beaucoup attendaient, notamment après le romantico longuet Prince de sang-mêlé... Visuellement et narrativement, les progrès sont remarquables de sa part mais il nest pas le seul à avoir fourni des efforts. Les acteurs du film, des premiers rôles (Emma Watson, étonnante de fragilité et de force conjuguée) aux seconds rôles (Helena Bonham Carter, terrifiante), tous sont au diapasion de cette partition finement interprété. Mais celui qui tire le plus son épingle du jeu, c'est Ralph Fiennes, qui campe un Lord Voldemort enfin terrifiant, prêt à tout pour contrer la découverte des Horcruxes, parcelles disséminées de son âme et tuer Harry.
On pourra toujours regretter la rapidité de certaines scènes (les 7 Harry Potter) mais elles contrebalancent la lourdeur de certaines scènes beacoup trop longues et pauvres de dialogues. Le changement de rythme et de ton est le principal intérêt de ce film comtemplatif, plus que blockbuster standard comme les précédentes adaptations. Le but du film est de placer les enjeux, les tenants et aboutissants du "vrai" chapitre final.
Le gros du morceau sera donc maintenant pour le 13 juillet, avec une seconde partie qui s'annonce explosive dans tous les sens du terme...
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Samedi 5 février 2011
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19:59
Ils sont venus, ils ont vu et on été très déçus. Nous aussi. Explications d'un échec où les spectateurs se gondolent de rire ...
The Tourist, ou l'histoire d'un imprévisible flop. Tout avait pourtent bien commencé :
- 2 méga stars pour la première fois réunies à l'écran : Johnny Depp et Angelina Jolie, rien de moins que le roi et la reine du moment sur d'Hollywood
- Florian Henckel Von Donnersmarck derrière la caméra, réalisateur en 2007 du multi récompensé La Vie des autres
- un décor vénitien idyllique.
Et pourtant, rien n'y fait, la sauce ne prend pas pour ce remake du très bon Anthony Zimmer de Jérôme Salle, sorti en 2005, depuis parti adapter Largo Winch sur grand écran. La programmmation hivernale était toutefois propice à un succès, mais aux Etats-Unis comme dans le reste du monde, le constat reste le même : l'échec est cuisant. La faute à un film qui ne démarre jamais vraiment, à l'image de la plus mollassonne course poursuite (en bateau) vue au cinéma depuis bien longtemps. Johnny Depp fait son possible pour le dissimuler mais il s'ennuie et cabotine dans cet histoire d'espionnage (histoire de passer le temps entre deux Pirates des Caraïbes), Angelina Jolie, plus anorexique que jamais, fait elle aussi dans le minimum syndical, on la connue plus inspiré dans les récents Wanted ou Salt . A la limite, les seuls à tirer honorablement leur épingle du jeu sont Paul Betttany et Timothy Dalton, dans des rôles d'inspecteurs chevronnés.
L'autre explication au plantage du film, c'est la promotion, étonnament tardive du film. La première bande-annonce (pourtant rythmé au son de "Muse") a été lancée le 13 octobre, pour une sortie deux mois plus tard : grosse erreur stratégique. Idem, côté affichage. C'est bien dommage car ce thriller avait tous les atouts pour attirer le spectateur. Si le film, dont le budget est estimé à plus de 100 M$ (hors frais de promotion) va se rentabiliser à l'international, puis en DVD, Blu-ray et VOD plus tard. Il n'empêche que la déception est de mise. Venus en touriste, l'équipe du film ramène un bien triste carnet de voyage...
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