Jeudi 3 novembre 4 03 /11 /Nov 12:01

Peut-on rire du handicap ? Deux réalisateurs d'exception qui comptent dans le paysage cinématographique français répondent par l'affirmative. Pertinence, justesse et espoir sont au rendez-vous de l'incontournable film français de cette fin d'année...

Anne Le Ny, François Cluzet et Omar Sy. Gaumont Distribution A l'origine il y a une histoire vraie, celle de Philippe POZZO DI BORGO, devenu tétraplégique à la suite d'un accident de parapente et d'Abdel SELLOU, jeune immigré qui passa près de dix ans à prendre soin de lui. Une leçon de vie touchante et salutaire qui a ému les réalisateurs Eric TOLEDANO et Olivier NAKACHE, en 2004, à la vision du documentaire A la vie, à la mort. Les deux metteurs en scène avaient trouvé là une opportunité de tourner leur cinéma vers des accents plus dramatiques, tout en gardant la touche d'humour qui avait fait leur succès, du sympathique Je préfère qu'on reste amis au tordant Tellement proches, en passant par le nostalgique Nos jours heureuxPhillippe est donc un riche aristocrate qui a pour lui une sublime demeure, une fortune plus que confortable mais cette tétraplégie qui l'oblige à vivre au dépens des autres. Sa rencontre avec Driss va tout changer. Ces deux handicapés de la vie, l'un social, l'autre physique, vont mutuellement se renvoyer à leurs parcours et à quel point ils peuvent influer sur celui de l'autre. L'amour épistolaire pour l'un, l'environnement familial pour l'autre. La découverte des sens (y compris la musique !) et le savant dosage d'humour font de ce long-métrage une précieuse pépite, avec du coeur et de l'esprit. Ce n'est bien sûr pas la première fois que le sujet de la paralysie est abordé sur grand écran : Mar Adentro d'Alejandro AMENABAR, Le Scaphandre et le papillon de Julian SCHNABEL ou My left foot de Jim SHERIDAN avaient auparavant abordé ce thème avec la même dextérité.

Gaumont Distribution Si François CLUZET fait une nouvelle fois preuve de son talent trop souvent ignoré par le passé, c'est évidemment Omar SY qui s'impose comme un acteur à part entière. Acteur fétiche présent dans la plupart des films de TOLEDANO et NAKACHE, il s'impose pour de bon. Pour les connaisseurs de la filmographie des réalisateurs, la savoureuse Joséphine DE MEAUX fait une apparition, plus posée cette fois-ci.

Précédé d'un excellent buzz amplement justifié, lauréat de deux prix au Festival international du film de Tokyo, le film a déjà été acheté par Harvey WENSTEIN pour la distribution nord-américaine. Car le film réussit un rare défi : parler avec humour du handicap. "Peut-on rire de tout ? Oui, mais pas avec tout le monde." disait à juste titre Pierre DESPROGES. Ici, vous êtes invité à venir rire et vous émouvoir du destin de ces intouchables.



Par vincohen - Publié dans : En salles
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Mercredi 2 novembre 3 02 /11 /Nov 14:12

Jay Chou et Seth Rogen. Sony Pictures Releasing France A l'origine, il y avait la série Le Frelon vert. Elle ne dura qu'une seule saison, en 1967, mais contenait une spécificité : l'acolyte y occupait une place prépondérante par rapport au personnage principal. Et pour cause, si ce "héros" était interprété par Wan WILLIAMS, son side-kick apparaissait sous les traits Bruce LEE. Cet acteur sino-américain n'en était alors qu'aux balbutiements de sa carrière mais fit immédiatement sensation, devenant l'attrait principale du programme télévisé. 26 épisodes plus tard, The Green Hornet est passée à la postérité et s'autorise même quelques crossovers, notamment avec la série télévisée Batman de 1966. Le jour, le séduisant Britt Reid est directeur du journal Daily Sentinel. La nuit, il devient le Frelon Vert, un impitoyable justicier masqué qui combat le crime en compagnie de son fidèle Kato.

C'est évidemment la trame conservée par Michel GONDRY pour son adapatation avec Seth ROGEN, dans le rôle du fils qui hérité de l'organe de presse de son défunt père (Tom WILKINSON), après son obscur décès suite à une piqûre d'abeille. ROGEN (vu chez les productions de Judd APATOW) s'est triplement investi sur le projet : acteur, scénariste et producteur éxécutif. Ajoutez à cela une perte de 20 kilos. Pour son fidèle complice, le metteur en scène lui adjoint Jay CHOU, vu dans La Cité interdite de 
Zhang Yimou. La toujours bien conservé (dans son Automne !!) Cameron DIAZ vient prêter main forte au quotidien en perte de véracité editoriale malgré son indépendance, suite à une affaire de corruption avec un procureur avide de réelection à tous prix.

Christoph Waltz. Sony Pictures Releasing France Christopher WALTZ a sans nul doute, une grosse part de la gelée royale dans ce long-métrage. Avec un accent à couper au couteau, un humour volontairement grotesque, son personnage de "Chudnofsky" est piquant. Après Inglorious Basterds, l'acteur n'a plus besoin de confirmer son talent. A noter les apparitions de James FRANCO (clair comme de l'eau de roche, pas comme aux Oscars !) et Edward FURLONG (en grande forme physique et morale...).

On a connu GONDRY plus inspiré, notamment pour les White Stripes, qui sont d'ailleurs présents sur la bande son. Les effets de styles du prodige français sont là : jeu avec les décalages d'objets, la progression temporelle des scènes. L'amour du matériau de base transpire et quelques moments sont savoureux : la bagarre entre les comparses et l'arrivée finale au journal, pour ne citer qu'eux.

Jay Chou. Sony Pictures Releasing France ROGEN et Evan GOLDBERG (scénariste chez APATOW) signe un scénario malin et savoureux. Passé succesivement entre les mains de Kevin SMITH et Stephen CHOW (Shoalin Soccer), le film aura mis quinze ans pour sortir du "developpement hell". Le succès relatif du métrage au box-office (proposé une fois de plus avec une inutile 3D) ne doit pas vous rebuter. Et que dire de ce générique de fin, hommage comics avec forcément la musique du générique de la série originelle.  Piqué au vif ? Non... Mais une sérieuse envie de butiner ce blockbuster mainstream sans prétention...



Par vincohen - Publié dans : En Blu-ray / D.V.D.
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Dimanche 30 octobre 7 30 /10 /Oct 00:15

Brad BIRD, pour son premier film "live" va peut être signé l'adaptation la plus intéressante de la série crée par Bruce GELLER en 1966. Brian DE PALMA, John WOO et J.J. ABRAMS (producteur de ce quatrième volet) n'ont certes pas démérité mais on perçoit ici une envie de tout réinventer et pourtant la série cinématographique tendait à s'épuiser. Le dernier épisode en date, sorti voici 5 ans, n'avait pas la grammaire requise pour un métrage de cinéma. Trop télévisuel, pas assez de liant, trop de facilité (la fin puérile est un exemple parmi tant d'autres). Rapelons juste qu'à la suite de cet opus, Tom CRUISE est "gentiment" remercié de chez Paramount et scinde son accord avec sa productrice de l'époque, Paula WAGNER.

Mais il croît pourtant toujours au potentiel de sa franchise et poursuit ses investigations pour le choix du futur metteur en scène. Il s'était fixé comme devise : "un cinéaste aguerri par épisode". C'est en observant le sens de l'action effrené des Indestructibles qu'il porte naturellement son choix sur Brad BIRD. Après quelques images de Mission : Impossible Ghost Protocol, plus de doutes possibles, on est en droit d'attendre un film rythmé et atypique dans la série. L'équipe de l'IMF (Impossible Mission Force, pour les néophytes) est en effet dissoute et opère en sous-main après une tentative d'attentat sur le Kremlin leur étant imputée. Ce n'est plus Ethan Hunt qui va chercher des agents désavoués mais son équipe entière qui l'est. Le Mc Guffin de cet histoire, nul ne le le connaît.

Niveau casting : Jeremy RENNER (Démineurs, The Town et futur Jason Bourne), Paula PATTON (déjà vu dans... Déjà Vu) et Josh HOLLOWAY (issu de Lost crée par... J.J. ABRAMS), Tom WILKINSON et la frenchy Léa SEYDOUX (une belle carrière américaine après son apparition dans Robin des bois).

Brad BIRD a donc la lourde tâche de réhabiliter une saga qui tire franchement sur la corde.
L'ayant acceptez, c'est le 14 décembre que nous saurons si ce jeune oiseau de réalisateur aura réussi ou non sa mission...



Publié dans : En prévision
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Dimanche 23 octobre 7 23 /10 /Oct 10:08
Ryan Gosling. Le Pacte Nicolas WINDING REFN, voici l'homme à suivre du moment. Auteur de Bronson, la trilogie Pusher et Valhalla Rising, ce néerlandais de 41 ans est en train à lui seul de revitaliser de le cinéma, comme SCORSESE et COPPOLA avant lui. Palme d'Or en mai dernier, Drive, son nouveau bolide, déboule et fait mal. Dès le pré-générique : Los Angeles, une voiture, un braquage et un chauffeur. Il s'en sortira en s'immisçant dans la foule d'un stade. GENERIQUE. Mi-garagiste exploité, mi-cascadeur auto pour le cinéma, le peu loquace «Driver» est un professionnel qui a son propre code de conduite : pas de questions, pas d'attachement. Et pourtant, il va croiser le chemin d'une jeune mère en attente du retour de prison de son mari (Oscar ISAAC, vu dans Sucker Punch). La jeune femme est interprété par Carrey MULLIGAN, touchante, comme à son habitude.

Carey Mulligan & Ryan Gosling. Le Pacte Alors quand le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette et que les affaires tournent mal (le sang va couler!), l'as du volant rentre dans une légitime quête de vengeance. Cure-dent en bouche, pied au plancher, Ryan GOSLING va tout miser. Tel est un bolide, le film a des chevaux sous le capot mais tarde à les faire sortir. Effusions de sang et réglements de comptes viennent réveiller nos sens. Le réalisateur prend soudain aux tripes avec une belle virtousité. Une scène résume le film : celle de l'ascenseur : un long baiser de cinéma et un acte de violence. Après Michael MANN et tous les cinéastes urbains, WINDING REFN promet une belle carrière, bankable qu'il est avec les majors à ses pieds.



Publié dans : En salles
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Vendredi 21 octobre 5 21 /10 /Oct 22:57
Bérénice Bejo & Jean Dujardin. Warner Bros. FranceAvant l'arrivée du Technicolor, du cinémascope, du Dolby, et, à fortiori de la 3D : Michel HAZANAVICIUS (dont le frère Serge apparaît dans le film) nous plonge dans une époque révolue. A l'aide d'un procédé ancien, le format 1.33, le réalisateur des deux OSS 117 nous immisce au coeur de la déchéance d'un artiste, Jean DUJARDIN, impeccable, et d'une époque : le cinéma muet. Alors qu'aujourd'hui, les procédés techniques se multiplient pour nous séparer de l'information, le metteur en scène met à l'honneur, en quelques cartons, un moyen d'expression qui se suffit à lui-même, comme ce fut le cas durant l'âge d'or de ce style cinématographique jusqu'à sa disparition en 1927. Mais, même aujourd'hui, on en vient à se demander comment nous allons pouvoir regarder des films parlants. L'initiative (auquel s'est adjoint le producteur Thomas LANGMANN) est excellente.

Simple, sobre, en un mot : sublime.

Une passion anime le réalisateur depuis ses débuts, que ce soit au temps de La classe américaine (melting-pot de films détournés avec les plus grandes stars d'Hollywood), ou des deux OSS 117 précités : faire revivre le septième art d'antan. Le métrage transpire clairement un amour du cinéma. Classe, simplicté, austérité (parfois) mais comme à la bonne époque, celle où l'image supplantait le son.

Deux reproches : Bérénice BEJO surjoue et la descente aux enfers de DUJARDIN se prolonge trop sur les 1h40 du métrage.

Mais revenons ensemble sur les acteurs du film, Jean DUJARDIN (Prix d'interprétation amplement mérité) et Bérénice BEJO (merveilleuse Peppy Miller) font le show. Cours de claquettes à la clé !

Jean Dujardin. Warner Bros. France 3 scènes retiennent l'attention :
- le rêve de George Valentin où le parlant vient annoncer sa carrière fléchissante
- la scène du chien (quel dressage : un personnage à part entière !) sauvant indirectement son maître des flammes
- la découverte des objets après la mise aux enchères chez Peppy MILLER, venu à son chevet

Évidemment, quelle autre manière que de terminer le film sur l'apparition du parlant : « Cut », et autes « rolling camera ». S'adjuger les services de la crème de l'actorat français, James CROMWELL et John GOODMAN c'est vraiment la classe américaine !



Publié dans : En salles
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